Syndicalement Vôtre, no 47 - janvier 2010
CPEV et impact DECFO
Résultat des négociations
Courant 2009, plusieurs séances de négociations avec
la DCERH ont eu pour objet l’étude de mesures visant
à compenser les effets de l’introduction de la
nouvelle politique salariale sur la Caisse de
pensions (CPEV). En effet, en augmentant la masse
salariale, Decfo a provoqué une diminution du taux de
couverture
de la CPEV.
Le degré de couverture d’une Caisse de pensions est
un indicateur essentiel de santé financière :
proche du taux légal: la caisse va bien, en dessous,
il faut prendre des mesures d’assainissement qui
toucheront les actifs de la caisse.
Dans le cadre de l’opération Decfo, il fallait éviter
à la CPEV de voir diminuer son taux de
couverture : coût du sauvetage: 60 mios environ.
Il y avait plusieurs chemins pour financer ceci, un
touchant les actifs et l’autre les retraités :
-
Cotisation de rappel: L’Etat employeur et l’employé payant chacun sa part. Cette solution s’est révélée, insatisfaisante pour les actifs, notamment pour les fonctions revalorisés,
- Augmentation du nombre du nombre d’années à prendre en considération pour le calcul de la rente (actifs visés),
- Versement unique à la caisse centrale de la CPEV en provenance du fonds d’indexation des rentes (retraités visés).
Après avoir longuement débattu au sein des ses organes (bureau, comité central et assemblée des délégués), la FSF a privilégié la troisième voie : celle du versement unique.
Ainsi, par solidarité et pour éviter aux actifs une
ponction sur leur rattrapage DECFO, les retraités ont
unanimement accepté de verser à la Caisse
centrale,
40 mios
d’abord, (accord du 3 novembre 2008/convention DECFO)
puis
14 mios,
ces montants étant initialement destinés au fonds
d’indexation des rentes.
Au
total 54 millions ont été reversés en 2009 par les
retraités à la caisse générale pour les
actifs.
En contrepartie, à défaut d’indexation, les ayants
droit de la caisse recevront une allocation unique
forfaitaire de 1000 francs maximum au début 2010.
Cette « prime » permettra d’améliorer leur
situation financière au vu de l’absence d’indexation
de leur rente en 2008, en 2009 et probablement en
2010.
Cette
opération fera l’objet d’une modification de la loi sur la
CPEV
qui sera soumise au parlement en janvier 2010.
Il faut se rappeler qu’en juin 2008, le Conseil
d’administration de la CPEV décidait de ne pas
indexer les rentes des retraités au coût de la vie,
malgré une provision pour indexation des rentes
bénéficiaire (de Fr. 120 millions environ) et un taux
de couverture au 31 décembre 2007 dépassant largement
la norme légale, fixée à 65%
En été 2008, par la voix de son président, l’UREV
recourait contre cette décision. En septembre 2009,
la décision du Tribunal cantonal tombait:
le recours était
rejeté.
Je ne m’attarde pas sur ce jugement fondé
uniquement sur l’analyse de la situation
économique de la caisse en 2008 et 2009 et non pas
au 31 décembre 2007, comme le prescrit pourtant la
loi. Décoiffant !
2008 pas d’indexation, 2009 pas d’indexation,
2010 ? Pas d’indexation. C’est pourquoi, la FSF
a cherché à favoriser les retraités. Ainsi, lors de
l’Assemblée des délégués du 3 décembre dernier, la
solution du versement unique à la CPEV en
contrepartie d’une allocation unique pour tous les
retraités a été votée à l’unanimité des délégués
présents, y compris les membres de l’UREV.
Opération indispensable, la stabilisation du taux de
couverture de la CPEV après DECFO s’est faite sans
aucune perte pour les collaborateurs actifs de
l’administration cantonale avec une augmentation
immédiate du pouvoir d’achat des retraités.
Béatrice Métraux
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